Barry McGee
100 artistes du Street Art, La Martinière, 2011

La production de Barry McGee est souvent considérée comme étant une vision pessimiste d’un monde urbain où l’homme ne réussirait pas à trouver sa place. Un univers de « maux urbains, de stimulations excessives, de frustrations, de dépendances et d’efforts pour résister aux bombardements incessants de la publicité». Barry McGee explique qu’il crée en réaction à cette mainmise sur le paysage urbain par les commerces et les grandes compagnies. Norman Mailer notait à ce propos, dans son célèbre essai The Faith of Graffiti, que les graffitis sont « maintenant par-dessus tous les noms, recouvrant celui du fabricant du métro, celui des inspecteurs du métro, celui de l’administration de la ville. Votre présence est sur leur présence, votre pseudonyme est suspendu au-dessus de la scène. Il entre un très agréable sentiment de profondeur dans le caractère évasive de la signification. » Face à ce vide ontologique de la publicité, Barry McGee préfère « la magie d’un graffiti qui apparaît dans la nuit, tel un panneau d’affichage sans publicités ».

A ses débuts, en 1984, Barry dit s’être retrouvé « au carrefour de certaines influences comme le punk-rock, la musique hardcore ou simplement des gens qui se mettaient à créer par eux-mêmes. Il y avait beaucoup de groupes qui collaient constamment des affiches dans les rues. Une véritable montée des protestations de toute part ». Pour lui, la destruction et le chaos « sont les seules choses qui peuvent encore secouer le public et le réveiller de ses rituels de travail et de consommation ». Barry McGee dit aimer cette forme de « communication lo-fi » qu’est le graffiti, et que cela lui « procure une joie incroyable de travailler intensément sur quelque chose pour ensuite le voir détruit en un battement de cil. »

Barry McGee créé des assemblages faits de peintures, de photographies ou de dessins enchevêtrés en masse, comme si chaque œuvre était intrusive l’une envers l’autre, ne sachant pas trouver sa place dans cette cacophonie visuelle. Une technique de présentation, en accumulation, qui lui fut inspirée par la façon dont sont présentés les ex-votos dans les églises à Sao-Paulo ; par l’esthétique du cut-up ; par les mouvements du Tramp art et de la Mission School.
Dans ses displays, des figures humaines sont mixées à des peintures abstraites aux motifs géométriques de style Op art, comme ces successions infinies de cubes colorés nommés « carrelage Escher » — inventés par l’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher. Les personnages de Barry McGee ne sont pas inquiétants mais inquiets, à l’air mélancolique, aux têtes qui s’affaissent sur des corps timides. Est-ce un écho à l’état dans lequel Barry peint ? « Parfois quand je peins, je pleure tellement que je peux à peine finir ce que j’entreprends ».

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Barry McGee
Untitled, 2009
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Barry McGee
Untitled, 2010
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Barry McGee
Untitled, 2006
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Barry McGee
Untitled, 2005
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Barry McGee
Untitled, 2010
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011
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Barry McGee
Untitled, 2011