Julien Bismuth/Jean-Pascal Flavien
Technikart - Hors-série Art Contemporain, October 2009

Timothée Chaillou : Que présentez vous pour la FIAC ?

Julien Bismuth/Jean-Pascal Flavien : Il s’agit d’un dispositif avec une corne de brume et le signal qu’elle émet, une machine à brouillard et un ensemble de panneaux de couleur bleue avec des fragments de textes en lettres magnétiques. Les fragments décrivent – par le biais de la fiction parfois – la situation de la foire ou celle d’une rencontre entre deux bateaux, un signal et son récepteur, un public et un message. La corne de brume est un signal lié à un milieu précis, celui de la brume côtière, signal filtre car seules les notes graves voyagent favorablement au travers de celle-ci. Foulis, son inventeur, fit l’expérience d’un morceau de Chopin joué par sa fille dans ces mêmes conditions. Nous sommes partis d’une comparaison entre la confusion, le brouillard sonore de la foire et le flou visuel d’un brouillard.

TC : Pouvez-vous évoquer vos collaborations passées ? Sur quel terrain esthétique vous êtes vous retrouvés ?

JB/JPF : On s’est rencontré à Los Angeles en 1997. On a décidé de travailler ensemble par désir de continuer nos conversations. Aux États-Unis, le travail et l’effort ont une valeur forte. Par opposition on a imaginé de faire quelque chose où l’effort aurait peu de rôle ou puisse être dépensé et calculé de manière différente : un effort de lecture par opposition à un effort physique. En partant à la mer sans idées précises nous avons vu émerger une baleine hors de l’eau. Nous les avons photographiées régulièrement, on a ensuite écrit un texte suggérant un éventuel départ pour une expédition fictive. Avec ces matériaux, nous avons fait notre première performance : 150 diapositives d’apparition et de disparition de baleines grises à la surface de la mer, accompagnées de la lecture du texte.

Une de nos autres performances était constituée d’une liste de mensonges plus ou moins grossiers au sujet d’un objet présent dans la salle, mais peu visible. Puis nous avons fait “Announcement ” dans les rues de New York avec Giancarlo Vulcano, et “Plouf! “au large de Rio de Janeiro, reprise sur la Tamise à l’occasion d’une invitation de la Tate Modern. C’est un dialogue entre deux bateaux, l’un contenant l’audience, l’autre nous. Les bateaux se rencontrent, et nous leur racontons des histoires, plutôt des bribes d’histoires sans cesse déviées, rompues ou interrompues, mais aussi en leur faisant des signes, des signaux: code Morse ou alignements de drapeaux de signalétique maritime…

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