Fabrice Stroun
Numéro - N°134, June/July 2012

Dancing On Graves (1999) de l’artiste américain Steven Parrino est composée de plaques d’aluminium débitées grossièrement à la scie sauteuse, avant d’avoir étés réassemblées à la colle chaude et recouverte d’une peinture industrielle pour voiture, ainsi que d’un film montrant une stripteaseuse se déhanchant au son d’un réverbération de guitare jouée par l’artiste.
La première fois que j’ai vu Dancing On Graves, les divers éléments qui constituent cette œuvre étaient éparpillés dans l’atelier de l’artiste - qui lui servait également d’appartement et de garage. Steven me montra son film sur la même petite télé sur laquelle nous venions de regarder un épisode de « Buffy contre les vampires ». La femme qui dansait ressemblait comme deux gouttes d’eau à Vampirella, effigie de la bande dessinée contestatrice des années 70 dont le portrait encadré était accroché au dessus de nos têtes, alors que les plaques d’aluminium côtoyaient au sol du matériel de mécanique.
Tous ces objets semblaient conserver encore une valeur d’usage, et existaient de manière infiniment plus légère que dans leur forme définitive de vestiges d’une histoire de l’art liée à l’abstraction et à la contre-culture rock. Vu sous cet angle, dans ce va-et-vient permanent entre un lieu de vie et celui de l'art, l’art de Parrino m’apparait plus culte que culture.

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Steven Parrino
Dancing on graves, 1999